Interview de Matthew Britton alias lineartestpilot

Matthew Britton, alias lineartestpilot, revient sur son parcours d’illustrateur.

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Parlez-nous un peu de vous et de ce que vous faites. Comment avez-vous commencé à contribuer aux banques d’images ?

J’ai commencé à uploader des images sur les microstocks quand ce n’était encore qu’une petite industrie. Juste des dessins et des gribouillages que j’avais déjà… des choses que je faisais en automatique quand j’étais au téléphone ou pendant la pause-déjeuner. Je n’y ai pas prêté attention, et puis un jour, j’ai checké le site et j’ai réalisé que ça se vendait bien. J’ai commencé à prendre cela au sérieux, en travaillant par lots et en me fixant des objectifs. Je dessinais énormément. Mon portfolio atteint actuellement un quart de million de fichiers sur la plupart des banques d’images (et même un demi-million sur l’une d’entre elles). J’en ai encore un peu en attente, donc je peux faire une pause pour travailler mes autres styles d’illustration.

 

Vos illustrations sont très originales, qu’est-ce qui vous pousse vers ce style particulier ?

Merci ! Vous trouverez ici ou là différents styles, mais le dessin au trait l’emporte largement sur tous les autres. En vérité, c’est juste un choix basé sur la quantité que je peux produire. Il s’agit au départ d’encre couchée sur du papier, je peux le faire de n’importe où. Il est plus pratique et facile de se fixer des objectifs – en produire tant par jour, ou avoir une pile de feuilles et continuer jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, ce genre de choses.

 

Quel est votre processus créatif ?

Lorsque je travaille sur commande, je prends beaucoup de temps à faire des roughs et à considérer les choses, mais pour les banques d’images, mon style repose sur la rapidité et doit rester fun et rétro. Il me faut juste beaucoup de stylos, de papier, j’essaie de penser à l’image suivante alors que je dessine encore la première, et de poursuivre jusqu’à ce que j’aie atteint mon but.

 

Comment décidez-vous de ce que vous allez dessiner ?

Les décisions ne sont plus vraiment conscientes. Je pense que j’ai tellement dessiné que le processus est automatique – en direct du subconscient. C’est assez apaisant, en fait. Je m’assieds, je commence à dessiner une première chose, et l’idée suivante surgit alors que je finalise la première.

 

Pourriez-vous commenter pour nous vos trois images préférées ?

J’ai tellement produit en série que mes images favorites ont plutôt tendance à dévier de mon style habituel. La collection The Day of The Dead Skulls en fait partie, elle remonte à mes débuts et a été utilisée pour de nombreux produits. L’un d’eux a même valu un prix de design à l’agence qui l’avait utilisée. C’est toujours une belle surprise quand je vois mes créations rejoindre la vraie vie.

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La série de pin-up Milkshake&Fries a été amusante aussi. Une belle occasion de rompre avec la norme, et de faire des dessins super rétro des années 50. C’est assez proche du travail que je réalise sur commande (je bousculais mes habitudes après quelques années à rester dans la même veine), mais tout en conservant le côté fun et rétro.
À part ces images, il y en a tellement dans mon portfolio qu’il m’est impossible d’en choisir une. J’aime toujours autant le dessin à l’encre – de temps en temps, je dessine au hasard quelque chose qui me fait rire, ou je suis surpris par une image que j’avais dessinée et complètement oubliée.

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Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient s’essayer à ce type d’illustration ?

Essayez de trouver un créneau, ne pensez pas banques d’images « traditionnelles ». Quand j’ai commencé, personne ne proposait vraiment d’illustrations rétro dessinées à la main. Les vecteurs étaient vus comme des éléments lisses avec des dégradés et des ombres portées, donc mon travail se démarquait de celui des autres. Actuellement, il y a beaucoup de concurrence – une chance que chacun ait un trait de crayon unique –, mais si j’avais à me lancer aujourd’hui, je choisirais une voie différente. De plus, sur les microstocks, la quantité compte beaucoup, mais vu le nombre de contributeurs, cette approche devient intenable pour ceux qui débutent. Les collections Premium, comme celle d’Adobe Stock, pourraient être intéressantes pour vous si vous souhaitez vous concentrer sur de petites séries de très haute qualité. J’en ai rejoint cette année avec quelques-unes de mes autres créations, cela semble prometteur.
Pour durer, vous devez choisir un style que vous aimez. Sur le long terme, il est vain de chercher à créer des images uniquement parce que vous pensez qu’elles se vendront. Et essayer d’imiter un style qui marche bien est voué à l’échec, d’abord parce vous allez vous retrouver sur un créneau déjà très occupé, ensuite et surtout parce que vous allez vous lasser. Trouvez plutôt un style qui vous procure du plaisir, il vous apportera aussi du travail – vous pourrez produire ce type d’images encore et encore sans risquer de vous épuiser.

 

Pour découvrir son portfolio, cliquez ici.

 

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