Bioman et X-or, rencontre avec les acteurs à Paris Manga

Ils ont marqué la génération « Club Dorothée ». Ryosuke Sakamoto et Michiko Makino incarnaient respectivement Force Rouge et Force Rose dans Bioman. Hiroshi Watari et Yumiko Furuya eux Sharivan et Lili dans la suite du « Metal Heroes » X-Or. Nous les avons rencontrés dans la dernière édition de Paris Manga qui a eu lieu le 06 et 7 février 2015 et nous leur avons demandé de nous raconter leurs conditions de tournage et les anecdotes.

 

Bioman est l’un des premiers Sentai à avoir été diffusé en France. Bioman, c’est un groupe de cinq jeunes qui se battent contre le mal. Cette série a connu un grand succès car les personnages étaient attachants et les effets spéciaux étaient impressionnants pour l’époque.

 

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Movie Creation : Il y a 30 ans que le 1er épisode a été diffusé, gardez-vous une certaine nostalgie ?
Ryosuke Sakamoto : Je ne me rends pas compte que c’était il y a 30 ans. Je revois encore des personnes qui ont participé à cette aventure. J’ai vieilli mais je n’ai pas perdu la mémoire. Le fait de voir aussi les fans de Bioman nous fait énormément plaisir et nous fait revivre cette belle aventure.
Michiko Makino : C’est vrai que c’était il y a 30 ans, je ne me rends pas compte non plus. Mais comme les sentais se perpétuent cela devient une grande famille. On n’a donc pas trop de nostalgie au contraire.

MC : Nous voudrions connaître les conditions des tournages. Est-ce que vous pouvez nous raconter comment c’était il y a 30 ans ?
R.S : Il n’y avait pas comme maintenant des effets spéciaux aussi réalistes. Je n’incarnais pas Force Rouge, lorsqu’il était transformé, c’était une doublure. Mais cela étant dit, il y avait des cascades que je devais réaliser moi-même. C’était avant la transformation en Force Rouge. Les fonds verts n’existaient pas et je devais faire des sauts devant les explosions. Ce qui était très dangereux car on utilisait du napalm. Il m’est arrivé d’être blessé. Maintenant, les héros de sentai sont devenus de vraies idoles. Tout est sécurisé et avec l’utilisation des fonds verts, les conditions de tournages sont plus agréables.
M.M : Pour ma part, je venais de commencer le métier d’actrice. Je n’avais pas conscience du danger car je faisais confiance à l’équipe de tournage. Cependant, il m’est arrivé d’être surprise par les cascades que je devais exécuter, mais bon, on me demandait de le faire et je fonçais. C’était très difficile, car j’étais souvent en jupe. Mais on n’avait pas le choix, car les explosions n’attendaient pas. Je me retrouvais à la fin des tournages avec des bleus (rire).

MC : Nous voudrions savoir avant le tournage, savez-vous combien d’auteur fallait-il pour écrire un épisode ? Et tant qu’acteur, avez-vous eu l’occasion de participer à l’écriture ?
R.S : C’était assez rythmé, car on devait tourner quatre épisodes par mois, montage inclus ! Il y avait un scénariste principal et trois autres assistants. De même à la réalisation, un principal et un assistant. En ce qui me concerne, j’essayais de dire aux scénaristes de me laisser plus d’apparitions et d’actions à faire car, lorsque le personnage était transformé, on ne me voyait plus et d’autant plus que c’était une doublure qui jouait. Sinon, c’est moi qui choisissais mes tenues. Le blouson que je portais, c’était ma création. À la fin des combats lorsqu’on redevenait des civils, souvent les scènes étaient improvisées.
M.M : Oui, Ryosuke a très bien résumé les conditions de travail des scénaristes. Je m’entendais assez bien avec un des réalisateurs. Il m’est arrivé de lui demander de me mettre en avant aussi, mais tout en respectant le travail des scénaristes.

MC : Les sentai existent depuis longtemps et, à notre connaissance, nous n’avons pas vu de femmes leaders d’un groupe. Le leader est un homme. Est-ce que vous pensez qu’un jour, nous pourrons voir un groupe composé de cinq femmes et de deux hommes ? Car, en général, c’est l’inverse.
R.S : Ah mais c’est une bonne idée ! (rire) Voire même quatre femmes et un homme ! Il existe déjà dans les mangas un genre qu’on appelle « les magic girls » mais c’est vrai que l’idée de voir une femme leader serait intéressante.
M.M : C’est une idée qui serait amusante ! (rire) Il est vrai que la personne qui incarne le leader a beaucoup de qualités, mais il a aussi des défauts. Il ne peut pas tout supporter, sinon le personnage serait centré uniquementsur lui et il n’y aurait pas d’intérêt. La personne qui incarne la Force Rose est une femme et, généralement, une étudiante qui a des craintes, car elle est jeune et n’a pas beaucoup d’expérience. Malgré cela, elle a aussi des qualités qui peuvent combler les défauts du leader. En définitif, que ce soit homme ou femme le leader, le plus important dans les histoires, c’est qu’en groupe nous pouvons toujours s’entraider.

MC : Par comparaison avec les superhéros occidentaux, dans les différents sentai, il n’y a pas de rapprochement avec notre vie réelle. Toutes les menaces viennent de l’espace comme si, avant que cela n’arrive, tout se passait bien. Or, des moments dramatiques réels n’ont jamais été évoqués. Je pense, par exemple, à la crise économique. Pensez-vous qu’un jour on pourra voir un sentai, où la narration pourra être modifiée pour évoquer ces problèmes réels en aparté ?
R.S : En fait, nous préférons l’évoquer indirectement. Comme l’a dit Michiko, on préfère montrer le fait que l’union fait la force, et qu’ainsi, nous pouvons ramener la paix dans le monde, en étant courageux et sans abandonner ses rêves. C’est sûr que les actualités ne sont pas incorporées dans les histoires, mais on essaie de se rapprocher de la réalité.
M.M : On préfère cette narration, puisque notre public est assez jeune. Nous essayons de donner une image positive. Il y a une part de violence, mais on montre justement qu’ensemble le bien fini par réussir à rétablir la paix. La réalité, on en tient compte, mais en l’évoquant sous un autre angle.
R.S : Oui, par exemple, dans un épisode de Bioman, on a évoqué l’éducation car, à l’époque, le taux de délinquance au Japon était un peu élevé. Dans cet épisode, les enfants n’étaient pas obéissants envers les adultes. Ainsi, les Bioman ont fait passer le message qu’il ne fallait pas se comporter ainsi. C’est de cette manière qu’on introduit la réalité qui se passe dans notre monde.

MC : Pouvez-vous nous dire ce que vous faites aujourd’hui ?
R.S : Depuis tout petit, je fais de la danse traditionnelle japonaise. Cette danse est issue des pièces de théâtre qui datent de la période des samouraïs. Donc, à partir de juin, je ferai une tournée sur cette danse traditionnelle avec d’autres danseurs plus connus. Je serai costumé comme à l’époque. J’invite tous les fans français, qui viennent au Japon à cette période à venir nous voir !
M.M : Depuis longtemps, je me suis consacrée à ma vie de famille. Il n’y a que depuis 5 ans que j’ai repris le métier d’actrice. J’apparais dans différents dramas japonais et des émissions de variétés.

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Hiroshi Watari et Yumiko Furuya ont incarné les héros de la suite du « Metal Heroes » X-Or, le fameux justicier de l’espace incarné par Kenji Ōba. Hiroshi joue le rôle de Sharivan, le nouveau “chérif de l’espace” venu pour combattre les ennemis qui menacent la planète Terre. Il est assisté de Lili, interprétée par Yumiko. Actuellement, une nouvelle génération de justiciers de l’espace revient sur les écrans japonais.

 

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Sharivan

Movie Creation : Hiroshi Watari, vous avez repris le rôle de Sharivan dans Sharivan Next Generation. Est-ce que vous avez noté une différence de conditions de tournage par rapport à avant ?
Hiroshi Watari : Je n’ai fait qu’une très courte apparition pour cette nouvelle adaptation. Je ne me suis pas rendu compte de la différence. Je peux juste vous dire que l’équipe était assez jeune. Mais on a été tous professionnels lors des tournages. J’étais très content que la production ait fait appel à moi pour participer à ce tournage. J’invite tous les fans de Sharivan à voir ce nouvel opus.

MC : Est-ce que vous pouvez nous dire comment se déroulait un épisode Sharivan ? Combien d’auteurs étaient à l’écriture et combien de temps durait un tournage ?
H.W : Il y avait entre quatre et cinq jours de tournage. Pour le scénario, il y avait quatre ou cinq auteurs. Dès que l’épisode était écrit, nous le recevions et nous le tournions.
Yumiko Furuya : Oui, c’était à peu près ça. Je peux vous dire que les conditions étaient un peu rudes en hiver, mais on faisait tout pour ne pas montrer à l’écran que nous avions froid. C’était de bons souvenirs quand même.

MC : Hiroshi, vous avez eu aussi une expérience aux États-Unis. Est-ce qu’il y a une différence de travail entre l’Asie et l’Amérique ?
H.W : Mis à part la langue, qui était un peu compliquée pour moi, il n’y a pas trop de différences. La méthodologie est la même. Il y a juste l’aspect financier qui fait que les conditions de tournage sont meilleures. Par exemple, pour les repas au Japon, on a juste un plateau-repas, alors qu’aux États-Unis, c’est un buffet qui est proposé. Ou sinon, c’est au niveau matériel, les Américains ont des moyens plus importants là-dessus. Mais, que ce soit au Japon ou aux États-Unis, la passion est la même. On se donne à 100 % pour qu’on ait un bon résultat.

MC : Yumiko Furuya, à la fin de Sharivan avez-vous eu d’autres propositions de rôle ?
Y.F : Juste après Sharivan, je me suis mariée et je me suis occupée de mes quatre enfants. Il n’y a que très récemment que j’ai repris le théâtre et fait des apparitions à la télé. C’est un vrai plaisir.

MC : Hiroshi Watari, vous avez fait l’école JAC (Japan Action Club) une école spécialisée dans les cascades. Pouvez-vous nous dire la particularité de cette école ?
H.W : Il n’y a pas trop de différences avec les autres écoles. En fait, quand j’étais petit, j’adorais Kamen Rider (N.D.L.R. : série japonaise), les films d’espionnage, et, surtout, j’étais un grand fan de Sonny Chiba. Comme il enseignait dans cette école, je voulais faire comme lui et le rencontrer. C’est pour cette raison, que j’ai choisi cette école. En faisant cette démarche, je voulais devenir aussi célèbre comme lui.

MC : Les « metal heroes » sont dans la culture japonaise et sont appréciés dans le monde. Pensez-vous qu’un jour les Occidentaux puissent créer leurs propres « metal heroes » avec la même narration, comme il a été adapté pour Spider Man en henshin ? Si oui, quelle serait votre réaction ?
H.W : Je ne suis pas trop fan des adaptations et ça me ferait mal au cœur de voir les Américains le faire ainsi. Il m’est arrivé d’en discuter avec des fans, et je suis ravi qu’ils soient du même avis. Prenons l’exemple de Godzilla, les deux adaptations qu’en ont faites les Américains ne m’ont pas trop plu. Certes, il y a des effets spéciaux de qualité, mais c’est justement le peu de moyens, qu’avaient les premiers films qui les ont rendus populaires.
Y.F : Moi, cela ne me pose pas trop de problème. Je voudrais bien voir ce que proposent les autres pays afin de faire une comparaison. Voir, justement, si l’argent peut tout résoudre et rendre une série meilleure. Cela peut donner éventuellement de nouvelles idées.

MC : Justement Yumiko, je fais un parallèle entre votre rôle de Lili et ceux des James Bond Girls. Outre la joie de jouer dans un « Metal Heroes », aviez-vous eu conscience que votre rôle serait l’atout charme de la série comme les Bond Girls ? Et par conséquent, avez-vous eu le droit de modifier ou de collaborer au scénario pour chaque épisode ?
Y.F : (Un grand rire) Cela me fait très plaisir cette comparaison ! J’ai toujours cru que j’étais juste un personnage dans l’histoire. D’autant que je ne faisais pas beaucoup d’actions. Je pensais que les gens qui regardaient la série pour l’action et non pour ce qu’il y avait à côté. D’ailleurs, je n’ai pas eu l’impression de jouer l’amoureuse ou un rôle glamour, mais plutôt une relation frère-sœur.

Nous tenons à remercier le staff de Paris Manga d’avoir organisé ces deux interviews.
Écrit par Hui-Ping PANH

2 thoughts on “Bioman et X-or, rencontre avec les acteurs à Paris Manga

  1. Je cite: « MC : Les sentai existent depuis longtemps et, à notre connaissance, nous n’avons pas vu de femmes leaders d’un groupe. Le leader est un homme. »

    Justement, je peux vous informer que il y a eu déjà plusieurs leader femme dans les super sentai.

    Ninja White de Ninja Sentai Kakuranger
    Time Pink de Mirai Sentai Timeranger
    Geki Yellow de Juken sentai Gekiranger

    Désolé d’arriver bien après la bataille ^^.

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