Interview – Léandre Dodzi Hounnaké

Vous avez découvert un de ses tutoriels cette semaine sur le blog, découvrez maintenant son parcours et ses créations.

Quelle est votre formation ?

En tout premier lieu, je tiens à vous remercier pour l’espace d’expression que vous m’offrez à travers cette interview. Je m’appelle Léandre Dodzi Hounnaké et je suis originaire du Togo. Après des études de droit, ma passion pour le dessin et la peinture m’a finalement conduit à suivre des études d’arts appliqués à Lyon. Ce qui m’a ouvert la voie sur le monde du graphisme et surtout de la 3D.

Villa minimaliste – Logiciels : 3ds Max, Mudbox, Vue xStream, V-Ray, Photoshop

(2011) La modélisation de l’architecture, du mobilier ainsi que le paysage composant la scène a été entièrement réalisée en 3D.

 

Quel matériel utilisez-vous ?

J’utilise un Core i7 doté de 12 Go de mémoire vive et d’une carte graphique Geforce GTX 650. Ma tablette graphique A4 me sert à sculpter et à créer des textures avec Mudbox et à finaliser dans Photoshop certaines de mes images.


Chaussures fashion – Logiciels : 3ds Max, Hairtrix, V-Ray, Photoshop
(2010) Concept et réalisation sous 3ds Max d’un modèle de chaussures résolument à part. L’effet de plume a été créé dans 3ds Max grâce au plug-in Hairtrix.

 

Quels logiciels utilisez-vous le plus et pourquoi ?

Mon premier outil ? Mes yeux ! Avant de créer une image, j’essaie toujours d’observer les détails qu’offre la réalité ou de recueillir un maximum de références (photographies, dessins…) sur le sujet. Pour en revenir aux logiciels, j’utilise 3ds Max car il me procure une satisfaction réelle en raison de sa polyvalence et de sa capacité à intégrer une grosse base de données de plug-ins dédiés – ce qui lui rajoute nombre de fonctionnalités nouvelles. J’utilise V-Ray comme moteur de rendu et Photoshop pour finaliser mes images. Vue xStream s’avère d’un potentiel incroyable lorsque la création de paysages naturels est d’importance dans un projet. Mudbox constitue également un outil très précieux quand il s’agit de projets de sculpture numérique.


Fête des lumières – Logiciels : 3ds Max, V-Ray, Photoshop
(2009) Cette illustration d’une bougie a été l’occasion d’approfondir la reconstitution de la matière de la cire.

Quels sont vos projets en cours ? À venir ?

Actuellement, nous travaillons sur des projets d’architecture, sur la modélisation et le rendu d’images photoréalistes  pour l’automobile et la science. Notre objectif : dépasser le cadre de l’imagerie fixe et étendre nos compétences dans le domaine de l’animation en vue de conquérir de nouveaux marchés.


Aux confins des mystères – Logiciel : Photoshop
(2011) Une illustration qui a remporté la deuxième place du concours « Créez un paysage de rêves » organisé par Oracom

 

 

Êtes-vous freelance ou salarié ?

En 2009, grâce à mon associé et ami Tong Tho qui est graphiste de formation, nous avons concrétisé notre projet de créer ensemble Pixel 23, un studio de graphisme 2D et 3D situé à Saint-Priest, dans la région lyonnaise. Nous proposons à nos clients un éventail de réalisations allant de l’identité visuelle aux images photoréalistes en 3D en passant par l’illustration, le packaging, le design et autres.


Cuisine équipée contemporaine – Logiciels : 3ds Max, V-Ray, Photoshop
(2011) Une scène de cuisine contemporaine.

 

Quand avez-vous commencé à vous intéresser à la 3D et pourquoi ?

J’ai véritablement découvert l’univers de la 3D au cours de ma formation en communication visuelle, grâce à un module sur 3ds Max. Au début, j’étais plutôt réticent face à l’outil informatique, lui préférant la sensation du crayon ou du feutre sur le papier. Mais très vite, j’ai compris que la 3D était un atout puissant pour pousser au plus loin mes recherches graphiques et mes créations. Et la pratique très intensive de 3ds Max, en dehors de mes heures de cours, a contribué à me faire progresser beaucoup plus rapidement.


“Calao terrestre” – Logiciels : 3ds Max, Mudbox, V-Ray, (2013)
Se rapprocher le plus possible de la réalité a été le plus grand défi dans la conception de cette illustration.

 

Parlez-nous de l’Archiquarium.

L’Archiquarium est une réalisation qui m’a permis de monter sur la première place du podium lors du concours “Architecture contest 2009” sur TDT3D.com. J’ai conçu ce travail sur l’idée d’une interaction entre les éléments d’un écosystème proche de celui de la mangrove, de l’eau, des végétaux et des poissons. L’intérêt de cette architecture repose sur les deux aquariums géants placés de chaque côté du bâtiment, et visibles de l’extérieur, ainsi que la façade sérigraphiée avec des mots et des noms qui évoquent le thème de l’eau. Dans un premier temps, j’ai modélisé la structure sur 3ds Max (piliers porteurs, façade, mobiliers urbains…). Mais ce concours m’a fourni l’occasion de travailler également avec Real Flow, un logiciel de simulation de fluides que j’ai utilisé, notamment pour l’élaboration des jets d’eau. J’ai accordé une attention toute particulière à la phase de texturage et d’éclairage pour atteindre le niveau de réalisme escompté. Enfin, dans Photoshop CS4 j’ai “composité” les éléments qui font partie de l’arrière-plan (ciel, oiseaux) et j’ai retouché les teintes afin de rendre l’image finale plus dynamique.


“Archiquarium” – Logiciels : 3ds Max, V-Ray, RealFlow, Photoshop
(2009) Archiquarium est un concept d’hôtel-aquarium grâce auquel j’ai gagné le premier prix du concours de création d’architecture autour du thème de l’eau et de la fluidité des éléments sur TDT3D.com en 2009.

Où puisez-vous vos idées, votre inspiration ?

Mes idées me viennent d’univers artistiques divers : d’Enki Bilal à Benjamin Carré en passant par Dylan Cole, figure emblématique du matte painting. Côté 3D, des réalisations comme Ratatouille, Là-haut, Wall E, Avatar,  2012, le Monde merveilleux d’Oz sont pour moi de grandes sources d’inspiration pour la gestion des couleurs, des décors et des effets spéciaux.


MERCEDES SLS AMG – Logiciels : 3ds Max, V-Ray, Photoshop
(2012) Retranscrire en 3D l’élégance de la ligne de ce modèle de voiture a été un réel défi.

 

Comment définiriez-vous votre “style” ? Quelles sont vos influences ?

Dans le domaine de la 3D, je ne prétendrai pas avoir déjà acquis un style. Mais au fil du temps et à force d’un travail assidu, j’aspire à dompter mes outils numériques. La plupart de mes créations reposent avant tout sur le photoréalisme. Et je cherche toujours à y insuffler une émotion, une touche artistique par le biais de la narration, du choix du cadrage et surtout d’une ambiance lumineuse particulière. J’ai toujours été attiré par la peinture traditionnelle et plus particulièrement par les artistes impressionnistes du XIXe siècle. Le génie de peintres comme Degas, Cézanne ou Monet, pour capter et retranscrire la lumière sur leurs toiles, m’a toujours fasciné et influencé.


Scène d’intérieur – Logiciels : 3ds Max, Onyx, V-Ray, Photoshop
(2010) La scène a été entièrement modélisée sous 3ds Max. Les plantes de la scène extérieure ont été réalisées avec Onyx, l’éclairage et le rendu avec V-Ray. La postprod a été faite sous Photoshop.

Quels sont vos coups de cœur du moment ?

En raison d’un projet personnel de modélisation et de rendu d’un avion militaire en phase de conception, je me replonge dans la découverte ou la redécouverte de l’artiste 3D André Cantarel qui a mené une série de travaux absolument fabuleux de modélisation d’avions de ligne et de combat. Sinon, pour m’évader un peu de l’univers de l’art graphique, je m’immerge dans la lecture du  septième tome de L’Épée de vérité, une série écrite par le romancier américain Terry Goodkind qui relate l’histoire d’un guide forestier à travers un monde dans lequel s’insinuent l’oppression et la terreur.

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